Le cerveau est impliqué dans un nombre incalculable de fonctions incluant la synchronisation et le maintient de processus et de comportements associés à la construction musculaire. Lever un poids peut sembler relativement simple mais derrière ceci se cache un nombre impressionnant de processus préliminaires qui commencent dans le cerveau. Et ça ne s'arrête pas là.
Durant et suivant un set d'exercice, le muscle devra d'abord se relaxer et se contracter un certain nombre de fois avant d'être prêt pour un autre set. Ca ne s'arrête toujours pas là. La réponse du système nerveux à un stimulus particulier (un poids par exemple) pourrait se raccourcir, suivant la quantité de repos et la qualité de la nutrition.
Trois processus neuropsychologiques majeurs doivent apparaître avant qu'une séance d'entraînement puisse être considérée comme productive:
La propagation d'une réponse neurale à un événement stressant.
La relaxation du muscle après chaque contraction et entre les sets
Le renforcement de la réponse neurale alors que le corps continue à s'adapter au stress.
Techniquement parlant, la neuropsychologie qui se trouve derrière l'entraînement aux charges représente l'aspect le plus crucial pour le développement du corps. Sans une réponse nerveuse appropriée à un stimulus particulier, la pratique du sport serait extrêmement difficile, sinon impossible. Le but de cet article est de vous expliquer exactement comment notre neurologie dicte les réponses biologiques par rapport à votre programme d'entrainement et les moyens dont il permet leur efficacité.
Que se passe t-il pendant un set ?
Le système nerveux qui comprend des milliards de neurones, est le responsable de la communication entre les cellules (neurones). Cela inclut les cellules du muscle et du cerveau. Avant de pouvoir lever une charge, une réponse neurale doit se produire dans le cerveau. Selon la force et le trajet particulier qui dirige cette réponse, le poids sera levé et abaissé, sans d'autre effet négatif.
Pour être plus précis, disons qu'une cellule nerveuse (neurone) devra traiter l'information qui lui est fournie et répondre en conséquence. Les neurones agissent comme les autres cellules en terme de capacité à grossir, à proliférer et à traiter les nutriments qui entrent et sortent de leurs membranes.
Cependant, contrairement aux autres cellules, ils traitent de l'information. Leurs propriétés spéciales et leurs connexions avec les autres neurones (formant des chaînes neurales) dicteront leur capacité à lever un certain poids pour un certain nombre de répétitions. Cela nous amène à défier la pensée conventionnelle qui stipule que le muscle est un facteur limitant dès que la question de la charge à lever se pose.
Ce qui se passe réellement :
A la conception d'un set de reps, le cerveau reçoit des instructions pour propager une impulsion nerveuse.
Un signal électrique est engagé (potentiel d'action).
Le potentiel d'action (depuis le corps jusqu'à l'axone à l'intérieur du cerveau) cause une inversion de charge à l'intérieur du neurone.
La dépolarisation électrique des charges du neurone est due aux charges électriques qui passent d'un côté à l'autre de la membrane neurale.
Le potentiel d'action se termine au niveau pré-synaptique (jonction à la fin d'un neurone et au début d'un autre) où il cause la sécrétion de neurotransmetteurs et le processus de transmission synaptique commence (essentiellement une communication entre neurones).
Délivrance du neurotransmetteur, si elle est efficace, elle va causer un potentiel d'excitation post synaptique (EPSP) ce qui va permettre à un autre potentiel d'action de commencer, et ainsi de suite, de neurone en neurone.
La vague de dépolarisation va en fin de parcours, permettre au muscle de se contacter. Jusqu'à 1000 potentiels d'action seront nécessaires pour compléter une répétition. Une période réfractaire pourra apparaître après chaque dépolarisation qui durera 0.001-0.002 secondes avant qu'un autre potentiel d'action apparaisse, ce qui permet finalement 500-1000 impulsions par seconde.
Dans des conditions normales le potentiel d'action se terminera (stop) au niveau post-synaptique. Avec l'entraînement aux charges et autres activités physiques, le potentiel d'action se terminera au niveau d'une structure spécialisée appelée jonction neuromusculaire.
L'axone, qui débranche la terminaison d'un neurone, va se subdiviser en un certain nombre de boutons terminaux (jonctions post synaptiques). Ces boutons vont relâcher des neurotransmetteurs et une contraction va suivre. Le neurotransmetteur utilisé à cet endroit s'appelle acétylcholine.
Implications Neuropsychologiques pour les Bodybuilders
La Myéline
Pour qu'une impulsion nerveuse soit efficace, la membrane qui couvre chaque nerf se doit de fonctionner à un niveau optimal. Cette membrane est appelée myéline et son rôle est de permettre une transmission rapide et efficace de l'impulsion nerveuse vers les cellules. Si la myéline est endommagée ou fonctionne mal, l'impulsion est interrompue. Des scléroses multiples s'en suivent.
Alors que des scléroses multiples représentent une forme extrême de problèmes nerveux, et que finalement peu d'entre nous devront s'en soucier, la myéline est très importante. En partant du fait que la myéline dirige la transmission nerveuse, et conséquemment, la force musculaire, il est important de la protéger. Un régime correct riche en vitamines et minéraux et en acides gras essentiels aidera à protéger la myéline.
Selon une étude scientifique, des chercheurs du Chili ont conduit une recherche sur le manque de fer et ses effets sur l'intégrité de la myéline sur le cerveau de l'enfant. Leurs découvertes les ont mené à penser qu'un manque de fer était la cause d'une interruption de la production de myéline du cerveau de l'enfant.
Recrutement musculaire
Afin que l'impulsion nerveuse reste efficace, l'entrainement aux poids régulier, avec variations et résistances progressives sont impératifs. Le recrutement neural apparaît seulement lorsqu'un nombre suffisant de cellules se contractent en une fois. Les signaux nerveux en provenance du cerveau atteignent alors un certain pourcentage des cellules musculaires. Le nombre de cellules musculaires recrutées augmente alors de séance en séance.
L'objectif est de recruter autant de cellules musculaires que possible. La résistance progressive soumet les muscles à un stress plus grand, ce qui a pour résultat de favoriser l'adaptation neurale. La réponse neurale augmente avec la résistance progressive.
Des neurotransmetteurs sains
L'acétylcholine, un neurotransmetteur largement impliqué dans la réponse neuromusculaire, peut, en temps voulu, nécessiter d'être rechargé. Les personnes âgées en particulier, ont besoin de régénérer leurs stocks d'acétylcholine. Le plein d'acétylcholine peut s'envisager avec certains suppléments: l'Acetyl-L-Carnitine, l'Alpha GPC, la Choline, l'acide pantothénique (vitamine B5).
Conclusion
Finalement, l'entrainement aux charges n'est pas une chose aussi simple qu'on le croît. Les processus neurologiques en œuvre derrière la contraction et la relaxation sont des éléments importants à considérer car ils contrôlent notre réponse musculaire aux stimulus physiques. Un régime correct, de la résistance progressive et une bonne supplémentation, représentent les impératifs pour améliorer notre santé nerveuse.
N.B : Les conseils ou indications indiqués par cet article ne sont donnés qu'à valeur indicative et pour information. Bien que basées sur des recherches scientifiques sérieuses, ces explications ne vous dispensent pas d'une consultation en cabinet médical et de l'avis de votre médecin.
